La chronique d’une mort annoncée…

- - Culture

Comme beaucoup de lectrices qui dévorent, livres papiers mais aussi articles sur le net, qui possèdent un smartphone, et qui par conséquent sont plus ou moins connectées plus heures par jour, une question se pose. Que penser de ce basculement annoncé vers le tout numérique ? Avec souvent des arguments écolos et durables, le ebook se veut être un bel exemple de cette transition numérique d’un support ancien, le papier, vers un support moderne, digital.

Le ebook ou le livre numérique

Tout d’abord, redéfinissons ce qu’est un ebook ou livre numérique. Ces deux termes désignes les livres, magazines, BD, journaux, manuels etc… qui peuvent être consultés mais aussi distribués, conservés… sous la forme d’un fichier numérique. Aujourd’hui, nombreuses sont les entreprises, les institutions, les administrations, les associations et particuliers qui utilisent ce format électronique. Des avantages mais aussi des inconvénients accompagnent une fois de plus ces nouvelles technologies. Avec une société en mutation constante, le numérique s’invite partout et la culture ne fait pas exception. Les défenseurs de ce nouveau support, avancent des arguments écologiques, comme le fait de lutter ainsi contre la déforestation, sur l’aspect recyclable des données, sur la dématérialisation des biens culturels, d’être à l’épreuve des changements climatiques, sur son accessibilité, ses faibles coûts etc… Numériser un ouvrage de 500 pages en format numérique ne demande que quelques mégaoctets. Comme toute avancée technologique, elle est génératrice d’emplois. Ce secteur révolutionne bien entendu toute l’approche de l’apprentissage, des étudiants aux chercheurs. Mais est-ce pour autant la fin annoncée du livre papier ?

Le livre papier fait de la résistance

Le livre papier ne semble pas pour autant en danger (malgré ce qui était annoncé) car pour l’instant cette consommation digitale est encore marginale même si elle augmente d’année en année. Il suffit de voir le succès des salons du livre, de l’ouverture de nouvelles librairies dans les grandes agglomérations et même dans les petites villes de campagne. Avec l’arrivée en 2011 des liseuses, le livre papier était condamné à vivre ses dernières heures. Ces prédictions s’appuyaient sur l’effondrement du marché du disque lorsque les versions numériques sont apparues. Mais le livre papier tient bon et de nouveaux concepts émergent pour le plus grand plaisir des férus de lecture avec des librairies plus alternatives comme en Bretagne par exemple. Chiner en librairie, chez un bouquiniste est un instant délicieux. Le rapport au livre, est pour certains lecteurs, quasi charnel. En ce qui concerne son impact sur l’environnement, stigmatiser le livre papier par rapport à la déforestation comme le déclament certains mobinautes est bien entendu réducteur. Car aujourd’hui les forêts sont de mieux en mieux gérer et de manière durable. De plus en plus d’éditeurs conscients de la fragilité de notre environnement, impriment leurs ouvrages sur du papier recyclé. Une tonne de papier recyclé est l’équivalent de 17 arbres épargnés.

Le livre numérique est-il plus écolo que le livre papier ?

Même si les chiffres de l’Ademe montrent que l’industrie du livre a elle seule engouffre plus de 20 millions d’arbres, ce qui est tout de même préoccupant, l’empreinte carbone d’un livre papier semble tout de même bien inférieur à celle d’une liseuse électronique selon le cabinet de consultants Cleantech (voir article sur consoglobe.com pour plus de détails). Ce n’est pas le format du livre numérique (ePub, PDF etc…) qui est montré du doigts par les détracteurs des ebooks mais les supports comme les liseuses qui permettent de lire ces différents fichiers. Même si le recyclage du papier, le désencrage etc… a lui aussi un impact sur l’environnement, le papier recyclé reste a priori le support à la plus faible empreinte. Avec les avancées technologiques des prochaines années, le point faible des liseuses aujourd’hui, c’est à dire les matières premières (plastique, batterie au lithium…) et leurs recyclages, vont forcément trouver demain, une alternative plus écologique.

Pour ma part et cela n’engage que moi, il tout à fait possible de vivre avec l’évolution technologique de son époque tout en défendant les valeurs humaines et la protection de l’environnement. Cela n’est en rien antinomique, au contraire. Les nouvelles technologies peuvent et doivent répondre aux enjeux écologiques. Il suffit à nous autres (éco-)citoyens de rester vigilant, d’être curieux du monde qui nous entoure, pour faire face à d’éventuelles dérives.

 

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *